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Mais pourquoi instaurer le robin ?

Aujourd'hui, plus que jamais, je suis persuadé que le combat citoyen pour conserver, ou mieux reconquérir, le contrôle de son avenir est la plus impérieuse des nécessités. Et dans le même temps, je suis convaincu de l'inutilité à long terme de tirs de barrage contre des projets tels que l'AMI ou le Millénium (OMC) parce qu'ils reviendront à la charge, autant de fois qu'il faudra, pour faire passer, de compromis en compromis, un à un, tous leurs objectifs.

Si une lutte défensive, pourtant aujourd'hui indispensable, me semble, sur la durée, vouée à l'échec, je crois à l'inverse qu'une revendication constructive, en vue d'instaurer un projet de société rendant impossibles les aberrations actuelles, aboutira avec le temps grâce à cette même culture du compromis.

Le projet de société que je propose est fondamental. Pour en comprendre la portée, il suffit de bien s'imprégner de cette évidence : l'évolution actuelle qui voit les puissances d'argent dicter leur loi aux gouvernements élus est tout à fait normale dans un contexte où il existe une règle du jeu d'un niveau supérieur à toutes les Constitutions et à toutes les lois promulguées par les gouvernements du monde entier. Cette règle du jeu dit simplement que l'argent est le seul moyen d'accès au pouvoir d'achat.

Nous voici au cœur du problème: la motivation à acquérir du pouvoir d'achat est l'énergie motrice de l'action tant individuelle que collective. L'action elle-même s'inscrit le plus souvent dans une vision stratégique et une stratégie, quelle qu'elle soit, s'élabore toujours sur base de trois éléments : le but du jeu (le pouvoir ou pouvoir d'achat), la règle du jeu (le profit financier est la seule base du pouvoir d'achat) et les caractéristiques techniques de l'arme ou de l'outil utilisé (tout comme les pièces d'un jeu d'échecs, l'argent a ses particularités : il est anonyme, cessible, capitalisable, susceptible d'appréciation ou de dépréciation en fonction de l'importance des profits générés et il ne conserve pas la mémoire de la manière dont il a été acquis ou perdu).

Les maîtres du monde ont tout simplement imaginé et appliqué une stratégie gagnante sur base de la règle du jeu et des caractéristiques de l'argent. Peut-on vraiment leur reprocher les déséquilibres engendrés par leur stratégie gagnante alors que nous n'avons pas jugé utile d'inscrire l'intérêt de l'Homme au niveau le plus fondamental de l'organisation de la société que constitue la règle du jeu ?.

Les déséquilibres observés tant dans la vie économique toujours sous la menace d’un krach financier que dans la vie sociale avec ses souffrances perpétuelles et son nombre croissant de victimes proviennent du déséquilibre entre les niveaux de pouvoir ou d’organisation auxquels les problèmes sont posés.

L’économie elle-même est le reflet de cette anomalie  puisqu’elle s’est bornée à étudier les faits mesurables dans la seule unité de mesures disponible : l’argent.

Ainsi, les conséquences économiques d’une vague de licenciements ne s’évaluent qu’en termes de rentabilité d’entreprises ou de coûts sociaux à charge de l’Etat mais non en termes de souffrances humaines dont il est pourtant difficile de nier qu’elles ont des conséquences économiques en matière de soins de santé, d’éducation, de criminalité et ce, souvent, sur plusieurs générations. Si, statistiquement, mille licenciements n’entraînaient qu’une seule vocation de dealer, le coût social devrait prendre en compte pour chaque client de celui-ci la différence de rapport entre un citoyen actif et un allocataire social, les préjudices subis par les victimes de vols en vue de se procurer de la drogue, les carences éducatives du milieu marginal du client et ses conséquences sur plusieurs générations, le coût des équipes médico-sociales, des forces de l’ordre, de l’appareil judiciaire, du système pénitentiaire et l’impact de tout cela sur le portefeuille du contribuable.

De même, il est difficile de nier que les prestations bénévoles d’un parent au foyer, de personnes engagées dans la formation sportive, culturelle ou artistique des jeunes, dans l’accompagnement du troisième âge ou des handicapés, dans diverses associations humanitaires ou caritatives ont également un impact économique qu’on ne retrouve pas dans le PIB.

Une rupture de logique survient notamment aussi du fait de la socialisation des coûts et de la privatisation des profits. Par exemple, le secteur public finance l’enseignement et la recherche qui aboutissent à la découverte de nouvelles technologies, lesquelles remplacent avantageusement l’homme dans les entreprises et créent donc de nouvelles charges sociales pour le secteur public. Une telle organisation sociétale ne peut évidemment que creuser toujours davantage le fossé social d’autant que les profits, mondialisation oblige, désertent en grande partie les cadres nationaux où les pertes ne cessent de s’accumuler.

Parce que les profits sont privatisés et les coûts socialisés, certains ont avancé l’idée de socialiser les profits mais on s’est rendu compte, avec l’expérience communiste, que cette formule souffrait d’une forte baisse de production de richesses par manque de motivation. Le robin pourrait apparaître comme une tentative de privatiser coûts et profits. C’est une piste qui n’a jamais été explorée jusqu’ici parce qu’elle est impraticable sans le recours à une deuxième valeur de référence.

Pour exemple, lorsque l’Etat propose l’exonération fiscale des sommes versées à des associations humanitaires, le don n’en reste pas moins une perte pour le donateur.  En revanche, s’il reçoit le même nombre de robins en retour (ou même davantage en fonction du dénuement du bénéficiaire), c’est au minimum une affaire blanche dont l’intérêt dépendra du sens du déséquilibre argent-robins  dans son portefeuille électronique.

Le projet de société "Robin" constitue bien une troisième voie par rapport au néolibéralisme et au communisme. Comme le premier nommé, il s'appuie sur la motivation au pouvoir d'achat et sur l'économie de marchés mais il met en œuvre un processus autorégulateur tel que chaque profit réalisé se traduise par un "plus" social de même importance.

Tout résumé est forcément réducteur. Je renvoie celui qui voudrait une information plus complète sur l’origine ou l’esprit de ce projet de société à l'essai intitulé " Le robin"; La garantie d'une société plus humaine " (160 pages; 495 FB "Belgique") par Noûma aux Editions L'Aube des Temps Nouveaux - Janvier 98 (voir page "livre"). Il ne s'est jamais trouvé à ce jour aucun économiste ou homme politique pour réfuter la démonstration selon laquelle ce système éliminerait la pauvreté, provoquerait une reprise durable de l'emploi, dynamiserait l'économie, réduirait la criminalité sans frais supplémentaire, préserverait l’économie d’un risque de krach financier et assurerait une gestion plus responsable de l'environnement et de la production alimentaire tout en rendant aux citoyens le contrôle de leurs droits démocratiques.

Comment serait appliqué le robin ?