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Comment pourrait être appliqué le robin ?

L’application du robin ne réclamera pas un dédoublement des administrations. Elle appellera plutôt les administrations existantes à fonctionner différemment.

 

Le centre économique mondial du robin serait logé au « Programme des Nations Unies pour le Développement » (PNUD) dont le rôle consisterait essentiellement à  veiller à ce que la consommation de robins dans l’acte d’achat reste globalement au même niveau que la consommation d’argent et ceci afin que les deux monnaies soient également désirables.

Bien sûr, selon les endroits, les personnes et les moments, c’est, en vertu du principe des vases communicants appliqué à l’économie, tantôt l’argent, tantôt le robin qui sera le plus demandé. Il faut simplement éviter que des éléments structurels faussent l’équilibre naturel entre les deux monnaies comme ce serait le cas si l’une se conservait beaucoup plus longtemps que l’autre.

 

Pour aider le PNUD, une commission « robin » nationale constituerait dans chaque pays l’antenne et le relais de la commission mondiale.

La création et la distribution des robins s’effectuerait dans chaque pays, sous contrôle de l’Etat, lui même soumis à un contrôle citoyen, par :

 

- le ministère de l’Emploi ou des Finances pour les robins attribués en rémunération de prestations professionnelles ou en compensation de coûts salariaux.

Le principe de base est que tout travailleur touche une rémunération en robins correspondant à un salaire net moyen en argent et que la compensation des coûts salariaux s’effectue sur la base 1 Euro = 1 Robin.
Toutefois, certains travailleurs peuvent s’attendre à une gratification supplémentaire en robins si le travail presté a pour objet de sauver des vies humaines, s’adresse à tout le monde sans critère de fortune ou d’appartenance à un groupe philosophique, ethnique ou autre, si le travail presté bénéficie à la personne humaine à un moment où elle est fragilisée, si ce travail a une importance vitale, s’il implique un risque personnel ou une disponibilité plus grande ou s’il est mal payé en argent

 

- le ministère de l’Environnement pour les robins distribués en compensation de dépenses consenties dans un but de précaution écologique

- les centres publics d’aide sociale pour les robins attribués pour des dons en argent aux plus démuni

Les centres fonctionnent ainsi comme des bourses d’échanges vers lesquelles convergent des personnes privées de ressources et des demandeurs de robins. Les mieux placés dans cette bourse sont les plus démunis grâce à la règle qui distribue les robins au donateur en proportion du dénuement du bénéficiaire

 

- les offices de l’emploi et du chômage pour les robins accordés contre le financement d’activités non rentables prestées par des chômeurs en faveur des franges les plus défavorisées de la population

Ces bureaux fonctionnent aussi comme des bourses d’échanges. Dans une société robinifiée, les chômeurs ont parfaitement le droit, mais pas du tout intérêt, de rester inactifs et de toucher une maigre allocation de chômage. Ils ont toutefois la faculté de prester une activité non rentable en rapport avec leur goût et leurs compétences au profit des plus défavorisés. Certains créeront un service « emplettes » pour le 3e  âge, d’autres véhiculeront des personnes à mobilité réduite, traduiront des livres en braille, créeront un service « étude à domicile » pour les enfants d’immigrés, embelliront le quartier, visiteront des prisonniers, organiseront des spectacles de bienfaisance et gagneront de ce fait des robins, se positionnant ainsi utilement pour voir leur activité financée avec un salaire normal par des demandeurs de robins.

 

- les ONG pour la rétribution en robins d’aides financières ou de travail bénévole en soutien à des programmes humanitaires.

- les banques alternatives et les banques pour les robins octroyés contre remises de dettes, investissements éthiques, risques financiers encourus pour autrui.

 

Se porter aval pour autrui est dans le système actuel particulièrement périlleux et sans aucune récompense positive. Dans une société robinifiée, l’aval peut compter sur une rétribution en robins équivalente à 10% du risque encouru et, en cas de chute, à une compensation en robins de l’ordre de 90%.

- les notaires également pour des robins récompensant des remises de dette ou des baux gratuits

Vous constaterez à la lumière de ces exemples qu’il n’y a pas d’échange direct entre argent et robins. Il y a toujours entre les deux une forme de redistribution, un « plus sociétal » dûment observé et c’est ce dernier qui est générateur de robins.

Vous constaterez aussi que ceux qui créeront ce « plus sociétal », les demandeurs de robins, sont précisément ceux qui, dans le système actuel, échappent majoritairement à l’impôt tandis que les travailleurs déclarés et les entrepreneurs qui embauchent n’ont aucun effort supplémentaire à fournir.  C’est ce qu’un physicien décrirait comme un système néguentropique, c’est à dire conduisant à plus de conscience par la motivation à intégrer dans les calculs l’intérêt collectif.

A l’inverse, le système actuel peut être décrit comme entropique car conduisant à un désordre croissant.  Lorsqu’une entreprise licencie son personnel pour augmenter ses bénéfices et alourdir ainsi le fardeau social à charge des autres tout en y échappant elle-même, elle en est récompensée et les autres pénalisées. La motivation joue donc en faveur de l’incivisme.

Vous observerez enfin que le système n’est pas égalitaire et ne remettra pas en cause la hiérarchie établie car ceux qui ont le plus d’argent ont aussi le plus de moyens de gagner des robins. Ils en ont d’ailleurs davantage besoin. Disons que c’est un système équilibré qui, après avoir réduit le fossé social d’environ 50%, l’empêchera de se creuser à nouveau.

A ce titre, il pourrait se présenter comme un compromis judicieux.

Quelques suggestions d'application