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Comment toute création de biens et services commandés par l'État:
- ne "coûte" rien à la collectivité si ce n'est du travail,
- ne nécessite pas la levée d'impôts supplémentaires,
- induit une activité multiplicatrice et crée des emplois.

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 Ce texte est l'un des chapîtres d'un manuscrit du livre "UN REGARD CITOYEN SUR L'ÉCONOMIE " sous les signatures de Gilbert Thiaffey-Rencorel et André-Jacques Holbecq, livre qui sera édité par "LE SOUFFLE D'OR" en 2002. Il y a donc un copyright sur cette page.

Le montant des "travaux" a été choisi de 100. Il s'agit donc d'un pourcentage, valable pour n'importe quel montant.

Il a fallu prendre un certain nombre d'hypothèses simplificatrices pour que l'exemple reste simple et facile à comprendre. Mais la circulation monétaire étant un flux sans fin, c'est comme le sang dans le corps humain. Il n'y a pas d'anémie tant qu'il n'y a pas de blessure, et s'il en manque, il suffit d'en transfuser pour que l'ensemble des organes fonctionne mieux.  Mais il ne faut pas non plus qu'il y en ait trop.

Les hypothèses:

1 - Une seule entreprise fabrique tout, depuis l'extraction des matières premières (lesquelles sont gratuites, la nature ne se faisant pas payer), jusqu'au produit fini.. Il s'agit bien évidemment d'une simplification, mais elle n'est pas abusive puisque le résultat est le même avec un calcul sur une "chaîne" d'entreprises dont chacune achèterai un pourcentage de sa production à un fournisseur, pour transformer et ajouter de la valeur à cet achat. Pour la "beauté" de la démonstration, on peut aussi considérer que l'entreprise concernée se nomme "entreprise France".

2 -  L'entreprise ni les commerces ne prennent de marge bénéficiaire (tout est distribué en salaires), et les salariés n'épargnent pas ou "n'exportent" pas leurs salaires (exportations de devises).

3 - En comptabilité les "charges" d'une entreprise représentent:

a)  les achats de fourniture: il s'agit bien d'une production en amont, à un autre fournisseur qui lui-même se fournira en amont, etc. . Dans cet exemple, toute la production étant réalisée localement, il n'y a pas d'achats.
b) les frais généraux: Il s'agit d'une partie de la trésorerie d'une entreprise qui est réintégrée dans une chaîne commerciale.. On peut, par simplification, les considérer comme intégrés aux salaires qui seront dépensés dans cette chaîne du commerce  (repas, hôtels, fournitures, etc.)

c)  les amortissements: Il s'agit d'un achat étalé sur le temps. Mais comme l'entreprise, dans cette démonstration, fabrique la totalité de ses besoins, elle ne paye que de la main-d'œuvre pour renouveler les biens et les matériels usagés
d) les salaires

e) Les intérêts ou agios: Nous avons pris comme hypothèse que le donneur d'ordre (l'Etat) payait au fur et à mesure de l'avancée de la "fabrication" de la commande. Il n'y a donc pas de besoins de trésorerie, créatrice d'agios.

 

4 - L'État disposant du droit régalien de créer l'argent dont il a besoin (par un simple jeu d'écriture à la Banque Centrale), ne paye aucun intérêt bancaire. L'hypothèse étant qu'il est bon payeur, l'entreprise sera payée en temps réel et n'aura donc aucun besoin d'emprunter auprès des banques pour assurer une trésorerie nécessaire.

5 - Toutes les rémunérations des différentes chaînes sont considérées sous forme de salaires payant les mêmes charges et les mêmes impôts (les bénéfices distribués aux actionnaires, les différents honoraires de professions libérales; etc.) : C'est ce qui forme les "salaires bruts"

6 - L'État redistribue sans délai la totalité des charges sociales, salariales et patronales, sous forme d'allocations ou de retraites. Ces montants reviennent donc dans le "pouvoir d'achat" de la population

7 - Aucune importation: ni d'énergie, ni de matière première, ni de produits finis. Mais le résultat serait identique tant que la balance importation/ exportation est équilibrée.

DONC, la production ne coûte que des salaires, de la TVA et des charges patronales et DONC les salaires bruts sont équivalents à : Chiffre d'Affaires TTC (vente) - TVA - charges patronales.

Réponse préalable à une objection que le lecteur ne manquera pas de faire.

L'objection immédiate qui vient à l'esprit du lecteur est la suivante; "Il faut bien que l'Etat, dans le système actuel, en attendant qu'il retrouve éventuellement son droit régalien sur la monnaie, emprunte aux banques ces 100 MF et il devra donc payer d'énormes intérêts qui augmenteront la dette, ou bien les transfère d'un autre budget, ce qui appauvrira d'un coté en enrichissant d'un autre"

La réponse est la suivante. On peut considérer qu'il faut trois années pour mener à bien ces travaux, ce qui représente environ 33 MF par an. Compte tenu de la vitesse de rotation de la monnaie (4,2 par an, fait constaté dans notre économie), et s'agissant d'un flux, ces 33 MF repassent en moyenne 4,2 fois par an "par l'État". C'est donc pour amorcer la mise en œuvre 33 / 4,2 soit environ 7,5 MF qui doivent être immédiatement débloqués. Admettons donc que l'État soit tenu d'emprunter auprès du marché monétaire, c'est de 7,5 MF dont il s'agit ce qui représentera un coût en intérêt de 325 millions de francs par an, sur 3 ans, moins d'un pourcent du montant des travaux.

 

Données de calculs

- TVA: 20%

- Salaires bruts: 58,27 du CA TTC (mais calculé suivant: salaires bruts = Vente TTC – TVA – charges patronales)

- Les lignes de calcul (suite de la 6° fois à la 23ème  fois) ont été supprimées dans cette présentation

- La différence entre le "retour " de 99,88 à l'Etat, pour 100 "injecté" provient de l'arrêt du calcul à la 25° rotation de l'argent… (Il aurait fallu aller à "l'infini" pour retomber exactement sur 100)

 

 

Ventes TTC

TVA

HT

Salaires bruts

Impôts Directs.
(a)

Charges Patronales
43%

Charges Salariés
21%

Total des
Charges
(b)

Salaires nets

ENTREPRISE

100

16,67

83,33

58,27

6,99

25,06

12,24

37,29

39,04

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMMERCES

76,33 (c)

 

 

 

 

 

 

 

 

1 ère fois

76,33

12,72

63,61

44,48

5,34

19,13

9,34

28,47

29,80

2 ème fois

58,27

9,71

48,56

33,95

4,07

14,60

7,13

21,73

22,75

3 ème fois

44,48

7,41

37,07

25,92

3,11

11,14

5,44

16,59

17,36

4 ème fois

33,95

5,66

28,29

19,78

2,37

8,51

4,15

12,66

13,26

5 ème fois

25,92

4,32

21,60

15,10

1,81

6,49

3,17

9,67

10,12

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

24 ème fois

0,15

0,03

0,13

0,09

0,01

0,04

0,02

0,06

0,06

25 ème fois

0,12

0,02

0,10

0,07

0,01

0,03

0,01

0,04

0,05

Total COMMERCE

322,16

53,69

268,46

187,73

22,53

80,72

39,42

120,14

125,78

 

RETOUR à L'ETAT

ÉTAT Initial travaux (TVA + Impôts directs)

23,66

 

 

 

 

 

 

 

 

ÉTAT Commerce (TVA + Impôts directs)

76,22

 

 

 

 

 

 

 

 

TOTAL ÉTAT
TVA + Impôts directs

99,88

 

 

 

 

 

 

 

 

Activité totale générée

 

422,16

70,36

351,79

246,00
(d)

29,52

105,78

51,66

157,44

164,82

 

(a) Impôts directs: 12% (IRPP + CSG)

(b) Total des charges : Charges salariales: 21% du Salaire Brut + Charges patronales: 43% du salaire Brut
(c) Vente TTC de chaque "fois" de la chaîne des commerces: : représente les salaires nets de la ligne précédente, de l'entreprise (39,04) + le total des charges de la ligne précédente (37,29), de l'entreprise. - La 2° fois (58,27) représente les salaires nets (29,8) issu de la "1ère fois du commerce" et les charges (28,47) issues de cette même première fois, etc.…

(d) salaires bruts des entreprises (58,27) +  salaires bruts du commerce (187,73)

 


Un cas pratique: le ferroutage en France

Lors de l'émission "argent public" sur A2 le 6 novembre 2000, il a été annoncé que l'investissement nécessaire au ferroutage était de 120 milliards de francs.

 

Dans ce cas particulier :

- Si on considère que la moyenne des salaires bruts est de 150 000 F annuel, c'est 246 x 1,2 = 295,2 / 150000 = 1 968 000 emplois qui seraient générés par cette injection de 120 MF dans l'économie.
- Ces emplois supplémentaires permettent soit de diminuer les prestations d'Assedic et donc les charges salariales et patronales, soit d'augmenter les prestations compensatoires  envers les laissés pour compte de la société.

 

En définitive, si ce point de vue était admis, expliqué et rappelé de temps à autre, la grogne critique couramment formulée par les Français sur les dépenses de l'État (payés par nos impôts !) laisserait peut être place à une autre expression, plus positive: "Les impôts servent à répartir les richesses de ceux qui ont, vers ceux qui ont besoin, mais en aucun cas à couvrir les coûts de production de biens et services publics utiles à tous les citoyens, lesquels ne "coûtent" rien en définitive et créent de l'activité".

 

Ces démonstrations restent valables quel que soit le bien ou service d'intérêt général. Même s'il s'agit d'une bibliothèque municipale, sous réserve que ce soit l'Etat qui finance (ou rembourse la Commune de son "avance de trésorerie", ce qui revient au même)

 


 

Le supplément de démonstration suivant tient compte d'une très faible "rétention monétaire":

5% du Chiffre d'Affaires TTC en bénéfices non distribué pour les entreprises (par exemple, en "fonds de pension" dont l'argent serait bloqué et 5% des salaires bruts en épargne pour les salariés).
Il s'agit donc d'argent qui n'est pas remis immédiatement "dans le commerce". Il y reviendra probablement de façon différée par une consommation ultérieure ou par une création monétaire bancaire.

Dans l'immédiat, le flux diminue, l'activité également, il y a moins de "retour" à l'Etat et les emplois créés sont moins nombreux. D'où l'importance de diminuer le montant de l'épargne en versant de faibles taux d'intérêts..

Cet  effet immédiat est:

- La réserve de pouvoir d'achat s'est accrue de 24
- L'État ne récupère plus que 61,3 à court terme
- Le coefficient multiplicateur qui était de 2,5 n'est plus que de 1,26
- les emplois créés ne sont plus que 125,6 / 150000 = 848 000 (au lieu de 1 640 000 )
- Les Assedic n'économisent plus que 80 au lieu de 157

A petites causes, grands effets !

 

Ce que nous voyons dans le tableau qui suit

 

SIMULATION AVEC RETENTION (BENEFICES: 5% sur CA TTC et  EPARGNE: 5%sur Salaires bruts)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vente TTC

TVA

HT

BENEFICES

Salaires bruts

EPARGNE des salariés

Impôts Directs

Charges Patronales: 43%

Charges Salariés: 21%

Total Charges

Sal. nets

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ENTREPRISES

100,00

16,67

83,33

5,00

53,27

2,66

7,89

22,91

11,19

34,09

34,19

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMMERCES

68,28

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1ère fois

68,3

11,4

56,9

3,4

30,5

1,5

4,7

13,1

6,4

19,5

19,4

2ème fois

38,9

6,5

32,4

1,9

17,4

0,9

2,1

7,5

3,6

11,1

11,6

3ème fois

22,8

3,8

19,0

1,1

10,2

0,5

1,2

4,4

2,1

6,5

6,8

4ème fois

13,3

2,2

11,1

0,7

5,9

0,3

0,7

2,6

1,2

3,8

4,0

5ème fois

7,8

1,3

6,5

0,4

3,5

0,2

0,4

1,5

0,7

2,2

2,3

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

SUITE

20ème fois

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

Total commerce

162,0

27,0

135,0

8,1

72,3

3,6

9,7

31,1

15,2

46,3

47,4

RETOUR à L'ETAT

ETAT: Initial travaux

24,6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ETAT: Commerce

36,7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ETAT TOTAL

61,3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Activité totale générée

Activité totale générée

262,0

43,7

218,4

 

125,6

 

17,6

54,0

26,4

80,4

81,6


 Conclusions:

Les grands travaux, biens collectifs d’utilité publique, présentent des avantages certains:

- ils procurent les biens d’équipement collectifs, vitaux pour le pays

- ils procurent du travail à ceux qui n’en ont pas. Toute création d’activités collectives engendre la création d’activités individuelles.

- ils permettent, en injectant 3 à 400 MF environ, de résorber totalement le chômage et l’exclusion, sous réserve que la main d'œuvre qualifiée soit disponible.

Cette étude invite aussi à se poser quelques questions fondamentales sur le déficit des Etats et sur son financement par l’emprunt, avec paiement d’intérêts:

- Pourquoi l’Etat couvre t'il ses déficits en empruntant sur le marché financier?

- Pourquoi l’Etat, quand il a besoin d’argent, commence t'il toujours par augmenter d’abord les impôts?

- Pourquoi l’Etat ne crée t'il pas d’abord l’argent dont il a besoin?

 

En résumé, c’est bien notre vision actuelle de l’économie qui empêche d’entreprendre de tels travaux. "Ils coûtent cher, on n’en a pas les moyens! ...". Mais comme la nature est généreuse et nous donne gratuitement ce qu’elle produit...

è  "Coûter cher..." signifie simplement "Coûter beaucoup de travail..."

C’est justement l’objectif recherché, pour résorber le chômage.