Quel est le rôle de l'argent ?
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1 - L'ARGENT A UN RÔLE STRICTEMENT COLLECTIF !

L’argent est strictement un outil, qui ne devrait avoir d'autre rôle que celui de son utilité collective. Si je suis seul sur une île, il ne me sert à rien. Je peux produire et consommer sans argent, si je ne fais pas de commerce.

L’argent de toute nature n'est pas toujours nécessaire au commerce. Une collectivité peut produire et échanger sans argent si les biens en question sont de valeur équivalente (troc).

Une collectivité peut également produire et échanger des biens et services de valeurs différentes si elle a un comptable de confiance qui inscrit ses transactions aux crédits et aux débits de chacun de ses membres. En fait c'est ce que font les banques ! Pourquoi ce comptable serait-il justifié de vendre avec intérêts chaque chiffre de sa comptabilité comme le font les banques ? Qu'il soit rémunéré pour son travail, c'est justice, mais pas sur les nombres qu'il manipule. Il a autant de travail à manipuler un nombre de trois chiffres qu'un nombre de dix chiffres.

L’argent est crédit (confiance). Il n’a de valeur qu’en fonction de sa capacité d’acheter des biens et services présents sur le marché des échanges.

La confiance populaire dans la valeur actuelle de l'argent bancaire est injustifiée. Les profits du commerce lucratif des emprunts que pratiquent les institutions financières et boursières ont accrue sans cause le volume de la masse monétaire (dettes privées et publiques) de telle sorte qu'elle est infiniment supérieure à la valeur de tout ce qui est offert sur les marchés d'échanges mondiaux. Par contre seulement 2% de la masse monétaire sert aux échanges, donc le pouvoir d'achat est très inférieur aux biens et services négociables sur les marchés. C'est l'endettement chronique des consommateurs privés et publics qui en résulte.

«Le flux des capitaux dans le monde, coupés de tout lien avec l’économie réelle et avec le commerce international, représentent 50 fois la valeur des échanges de marchandises. Cette masse d’argent, on parle de transactions frôlant le 1000 milliards* de $ par jour... elle met à genoux des économies nationales comme nous l’avons vu récemment dans la crise du peso mexicain. Devons-nous endurer cela?.» (Pierre Paquette, Un Québec pour l’emploi, page 34)
* Plus proche actuellement de 1500 milliards de $, c'est à dire 10000 milliards de francs. Soit en une journée, plus de 4 fois le montant total des salaires versés en France, par an !

2 - À QUI APPARTIENT LE CRÉDIT, SOURCE DE LA CRÉATION MONÉTAIRE ?

Le crédit qui génère l’argent appartient, à la source, à ceux qui céderont des biens et services en acceptant ce crédit en contrepartie. Le rôle essentiel de l'argent est de distribuer des droits résiduels de consommation. Je m’explique.

L'argent est un crédit comptable exprimant le pouvoir d'achat résultant du solde de la valeur des biens et services échangés.

Exemple: échanger un boeuf contre un oeuf par jour demande une comptabilité tangible de la valeur résiduelle de cette transaction. Si l’échange est limité à deux commerçants qui se font confiance, «crédit», des reçus remis par le producteur d’oeufs au producteur de boeuf et représentant la valeur résiduelle de cette transaction échelonnée dans le temps, tiennent lieu d’argent. Cet «argent-dette» ; disparaîtra au fur et à mesure que les reçus seront détruit par le producteur de boeuf, en recevant sa provision d’oeufs frais.

En résumé, l’argent-utilitaire naît sous forme de crédit (dette) c'est-à-dire sur la promesse d’offrir des biens et services en retour de biens et services reçus. Cet argent doit disparaître lorsque les biens et services rendus à celui qui a fait crédit, celui-ci efface la dette.

Si le producteur de boeuf prend deux ans au lieu d’un an (étalement de son crédit dans le temps) pour consommer le nombre d’oeufs convenu dans leur transaction, sur quelle valeur obtiendrait-il un plus grand nombre d’oeufs que négocié ? Le marchand d’oeufs pourrait lui livrer ses oeufs en un an mais il devrait manger des oeufs pourris la seconde année.

S’il venait à l’idée de celui qui rédige les reçus, s'il y a lieu, (comptabilité bancaire), d’exiger une rémunération en % du crédit que l’un des commerçants accorde à l’autre plutôt que la facturation de son service rendu,  il faut se demander si ces commerçants le garderaient à leur service. Et c’est pourtant bien ce que font les institutions financières !

À travers cette mini-économie on peut comprendre que :

1- le crédit n’appartient pas aux institutions financières (simple service d'écritures bancaires) qui se comportent pourtant comme si elles en étaient les propriétaires;

2 - le crédit appartient à celui ou celle qui cède un bien ou rend un service de valeur supérieure au bien ou service reçu en contrepartie, ou cède un bien ou service sans contrepartie immédiate, lui donnant le droit d’obtenir plus tard (épargne légitime) d’autres biens ou services;

3 - le crédit peut être profitable autant à celui qui le consent qu’à celui qui le reçoit. Si le solde de la transaction commerciale est à zéro, le crédit n’étant pas nécessaire, il n’y a pas d’argent à produire.

L’argent nouveau ne devrait être constitué que du crédit nécessaire à la production nouvelle et de la compensation transitoire des épargnes légitimes, pour maintenir le pouvoir d'achat nécessaire à la distribution de toute la production rendue sur les marchés, jusqu'à ce qu'elles soient de retour dans le circuit financier.

Avant d’analyser la déformation survenue lorsque que le crédit(au départ simple accord privé entre quelques personnes), est devenu collectif (crédit bancaire), parlons de la compensation, c'est-à-dire de l'argent qui devra être créé pour maintenir le financement adéquat de la consommation des biens et services offerts sur les marchés afin de :

1 - compenser de façon transitoire et distribuer l'équivalent des épargnes ; pouvoir d'achat réservé par leurs propriétaires pour des périodes plus ou moins longues ;

2 - monnayer et distribuer les profits des entreprises faisant partie des prix réclamés à la consommation mais non empruntés, donc non monnayés et non existants dans le pouvoir d'achat.

3 -distribuer à chaque individu, en tant que co-bénéficiaire des ressources collectives, les intérêts perçus des emprunteurs , ces intérets qui font aussi partie des prix réclamés à la consommation mais actuellement distribués sans cause aux non-consommateurs (les épargnants).

4 - distribuer un dividende social, donnant des droits de consommation légitimes, à tous, sur la production excédentaire à la consommation des personnes qui la fabriquent et la distribuent sur le marché commercial ; production excédentaire de propriété collective, puisque réalisée par les progrès industriels et technologiques résultant d'une contribution collective.

Tout cet argent reviendra, par le biais de la consommation, aux entreprises et aux marchands qui pourront ainsi :
1 - vendre toute leur production
2 -  rembourser totalement leurs emprunts (ce qui signifie faire disparaître cet argent devenu stérile).

Cet argent gratuit doit être distribué également à tous les citoyens, y compris ceux et celles qui contribuent à accroître la richesse nationale et le bien-être de la société et qui en tirent un revenu.

Les profits monétaires de la production industrielle et technologique, fruits de multiples générations d’inventeurs le plus souvent mal rémunérés, sont accaparés par le capital financier. C’est injuste et immoral bien que légal. Les robots et ce qu’ils produisent sont légitimement un patrimoine national, dont chaque humain doit être actionnaire dans un régime économique capitaliste et un régime politique social démocrate. Le dividende social distribuera également à tous, les biens non achetés par ceux qui les produisent.

Le Revenu Citoyen (qui serait aussi alimentée par des réductions de privilèges fiscaux injustifiables) reconnaîtrait une valeur plus juste des véritables contributions économiques et sociales : soit sur le marché du travail ; soit au sein de la famille ; soit au service du mieux-être de la communauté. De plus il assurera la sécurité vitale à tous y compris ceux que la nature ou les accidents empêchent de contribuer physiquement, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne contribuent pas de bien d’autres façons au visage humain de la société. Ça, ce n'est pas de la charité humiliante mais de la justice et de la solidarité sociale.

3 - Quand le crédit privé que s'échangeaient entre eux les producteurs est devenu le crédit bancaire, ils se sont fait avoir !

Avant l'avènement des banques le crédit (faire confiance) existait dans les transactions commerciales entre les personnes qui se connaissaient. La reconnaissance de dette pouvait : être verbale (à cette époque une parole donnée valait de l'or) ; ou signée sur un bout de papier (reçu) qui tenait lieu d'argent, car sur présentation de ce reçu, selon les conventions établies, le créancier pouvait réclamer du signataire, son dû en bien et services équivalents. La comptabilité personnelle de chaque producteur faisait état du solde positif ou négatif des échanges : crédit/débit, achat/vente.

C'était le crédit privé.

À remarquer : le crédit était accordé directement par celui qui avait fourni un bien ou un service sans contrepartie immédiate. C'était son crédit ! C'était aussi le crédit de celui qui recevait la confiance du créditeur !

On peut imaginer que, dans les échanges entre les personnes d'une même communauté, le reçu pouvait se retrouver dans les mains d'un autre commerçant devenant lui-même le créancier du signataire du reçu, pour avoir fourni un bien ou service équivalent au premier créditeur.

Si les gens, se faisant confiance collectivement, généralisaient cette pratique, ce reçu devenait de l'argent comptant qui pouvait réaliser plusieurs transactions avant que son signataire le retrouve après avoir cédé à son dernier détenteur un bien ou service de valeur équivalente. Alors il pouvait le détruire, sa dette étant honorée.

Pourquoi la somme exprimée sur la reconnaissance de dette du signataire, grossirait-elle selon le temps que prendront les différents commerçants à s'en servir pour acheter ses produits lui permettant de rembourser sa dette ??? En d'autres mots, pourquoi devrait-il livrer au dernier possesseur de sa reconnaissance de dette 3 fois plus de marchandises, surtout ce créancier a tardé à réclamer son dû et que sa marchandise précédente a péri dans son entrepôt ???

C'est pourtant le cas avec le crédit bancaire, vendu à intérêts composés qui ne seront pas versés à ces commerçants qui se sont mutuellement fait crédit ! Au contraire, c'est à eux que la banque réclame ces intérêts pour les verser à ceux qui conservent leurs reconnaissances de dettes et qui refusent (épargne d'argent) d'acheter leurs produits, leur interdisant ainsi de rembourser le crédit bancaire emprunté.

Depuis la multiplicité des commerçants sur un marché des échanges anonymes : interrégionales, interprovinciales et même internationales, une «confiance collective» dans une comptabilité plus vaste des crédits et des dettes est devenue nécessaire.

Le crédit privé (les reçus de nos commerçants de jadis) est devenu «crédit bancaire» et la comptabilité, devenue collective et commerciale, est maintenant l’affaire des institutions financières. Le problème majeur n’est pas là !

Le problème réside dans l’expropriation par les institutions financières, du crédit justifié des producteurs et commerçants de biens et services, vendant à ces derniers leur propre crédit, en rétribuant des tiers qui n’ont rien à voir dans leurs mérites et leurs échanges.

Qui sont ces tiers ? Ce sont les épargnants : propriétaires de dépôts d'épargne et dépositaires de fonds de pension, propriétaires d'obligations gouvernementales ou actionnaires d'institutions financières, et de compagnies d'assurance soeurs jumelles qui vendent de la peur pendant que les premières vendent le temps du siècle à venir.

Quel est donc le mérite économique et social de l'épargne ?

On dit: "Oui, mais les épargnes constituent les capitaux d'investissement qui financent le circuit économique!"
C’EST FAUX. C'est le crédit des emprunteurs privés et publiques qui finance l'économie.

Les prêts aux entreprises, aux gouvernements et aux particuliers ne réduisent ni les comptes d’épargnes ni les avoirs des actionnaires, pas plus les avoirs des investisseurs. Tout ce beau monde ne voient pas les montants baisser dans leurs avoirs bancaires lorsqu'une institution financière consent un prêt ! Leurs avoirs sont tout au plus gelés pour une période de temps déterminée. Les prêts bancaires augmentent simplement l'actif et le passif des institutions financières.

Les avoirs des épargnants servent symboliquement de garantie aux prêts de crédit.

Le crédit financier (dette) produit l'argent par une simple écriture comptable, sous deux formes :
a) les prêts 
b) les intérêts ajoutés aux prêts.

Un prêt consenti par une institution financière, comprenant capital et intérêts, augmente son actif de la reconnaissance de dette de l’emprunteur et son passif augmente de la même somme considérée comme sa dette envers ses épargnants et ses actionnaires puisque ce sont eux qui reçoivent les intérêts.

Parenthèse: Pourquoi cette production d'argent est-elle considérée comme une dette envers ses épargnants ou ses actionnaires, on se le demande ? Les prêts bancaires n’achèteront pas les biens légitimes des actionnaires et des épargnants; ceux-ci ne produisent rien et ont choisi de ne rien acheter pour épargner ! Les prêts bancaires achèteront les biens et services de ceux qui se sont endettés pour les produire ou les acquérir avec le fruit de leur travail.

Le remboursement du prêt, capital et intérêts effacera la reconnaissance de dette de l'emprunteur. Il diminuera l'actif et le passif de la somme du capital prêté. Les intérêts demeurent à l'actif et au passif de l'institution financière, mais son passif (sa dette) se transforme : une partie des intérêts est versée aux comptes des épargnants et l'autre partie à l'avoir des actionnaires.

Quand les intérêts et les dividendes sont retirés pour être dépensés ou déposés dans une autre institution financière, son passif et son actif diminuent également.

Voilà le procédé de la création monétaire privée. Même si l'emprunt d'un particulier est remboursé capital et intérêts, le remboursement des intérêts s'est fait à même un autre emprunt puisque les intérêts ne se rendent pas tous sur le marché des échanges dans lequel l'emprunteur peut puiser son remboursement.

Les intérêts distribués à l'épargne font progresser la masse monétaire (nos dettes collectives) sans créer de nouvelle richesse. Ça c'est la véritable cause de l'inflation qui est ironiquement combattue par la hausse des taux d'intérêts décrétés par les Banques Centrales nationales qui sont sensées être la banque des habitants du pays

Vous remarquerez que c’est la collectivité économique qui fait «confiance» au crédit bancaire en s’en servant pour commercer. Les banques ne font pas crédit à personne. Elles exigent des garanties deux fois plutôt qu’une. Celui qui emprunte auprès du crédit collectif, signe une reconnaissance de dette engageant ses revenus et ses propriétés. Les banques et les institutions financières n’offrent pas de contrepartie matérielle à l'argent-crédit et à l'argent-intérêt qu'elles produisent. Au contraire c’est la collectivité économique qui devra produire davantage de biens et services pour le valoriser.

Voilà pourquoi la production de biens et services doit être en éternelle croissance même quand les marchés débordent d'offres de biens et services invendus ! Le pouvoir d'achat collectif est toujours déficitaire en rapport avec le prix des biens et services réclamés aux consommateurs.

La rémunération actuelle des institutions financières sur la prestation du crédit, qui n'est qu'une procédure comptable, est injustifiable !

Quand a-t-on vu une entreprise de comptabilité dans le secteur économique réclamer en paiement un pourcentage des chiffres inscrits au crédit de l'utilisateur de ses services, plutôt que ses coûts de production, ses frais administratifs et un profit légitime ?

Pourtant les institutions financières font ça, pire, en plus des intérêts, elles chargent des frais administratifs sur toutes les opérations inhérentes à l'utilisation du crédit concerné !

Elles :

1 vendent le crédit (qui ne leur appartient pas) donnant droit d’accès à la production collective (qui ne leur appartient pas ) ;

2 au pourcentage des chiffres qui composent le crédit (matière première ni rare ni onéreuse à trouver) ;

3 multiplié par le temps pris à le rembourser (supposant que ceux qui empruntent ce crédit pour produire des biens à la collectivité ont du temps à donner aux banques et aux institutions financières) ;

4 tout en chargeant des frais d’administration sur toutes les opérations comptables qui découlent des emprunts et des remboursements de crédits.

Les institutions financières sont en fait des entreprises de comptabilité des transactions monétaires de la population et leur rémunération doit être comme celle de toutes entreprises de comptabilité.

Le crédit qu'elles prêtent appartient à la collectivité et les coûts d'emprunt qu'elles perçoivent doivent être redistribués à la collectivité.

4 - Comment ceci est-il arrivé ?

Quand je dis qu'il n'y a pas lieu de verser aux épargnants les intérêts chargés à ceux qui empruntent le crédit bancaire, des gens, pourtant très au fait des rouages du système financier actuel, me disent que le crédit que vendent les institutions bancaires provient de leurs épargnants, déposants ou actionnaires ! Moi je dis qu'avant de devenir épargne l'argent devait exister et qu'il est créé d'une simple écriture comptable contre une reconnaissance de dette d'un emprunteur.

Faisons un résumé d'histoire sur la notion d'argent. Le commerce a commencé avec le troc. On pouvait échanger plusieurs poules contre un bœuf. Mais si on avait besoin que d'une poule, il fallait que la différence de valeur soit représentée par une autre valeur négociable, portable et non périssable, acceptée par la majorité des commerçants.

Des pierres précieuses, de l'or et autres métaux rares, pouvant servir à la fabrication de parures qui faisaient envie, ont été utilisés comme monnaie d'échange. Les pièces d'or, produites à l'effigie du roi en quantité limitée à ses achats et récupérées par ses percepteurs d'impôt, ont eu leur heure de gloire. Il nous en reste quelques vestiges, du moins au Canada. Mais ces pièces d'or pouvaient être qualifiées de rares en rapport avec les besoins monétaires des échanges de l'époque.

Comme la rareté des moyens d'échanges restreint le commerce, on a essayé les cartes à jouer, mais c'était si facile à produire que le crédit (la confiance) de cette monnaie est vite disparu.

Aussi on a décidé qu'il fallait revenir aux biens jugés précieux et rares comme monnaie. On a eu la ruée vers l'or. Alors des petits malins ; les orfèvres, pourvus de "coffres forts", à qui on confiait l'or pour le protéger des voleurs, ont inventé le système bancaire actuel.

Au début, le propriétaire de l'or, à qui l'orfèvre avait remis pour son dépôt, des reçus (reconnaissance de dette bon pour x nombres d'onces d'or), passait le prendre, en tout ou en partie, pour payer ses achats, moins la quantité d'or qui payait les services de protection de l'orfèvre.

Lorsque l'or était réclamé en entier, l'orfèvre détruisait le reçu correspondant. S'il était réclamé en partie, il détruisait le reçu initial et émettait un nouveau reçu pour le solde de la valeur restée entre ses mains. Avec le temps, les propriétaires de l'or ont trouvé plus commode de commercer seulement avec les reçus, acceptés par les autres commerçants sur la confiance de pouvoir récupérer, de l'orfèvre en tout temps, la quantité d'or que ces reçus représentaient.

L'orfèvre qui prélevait une partie des dépôts d'or pour se payer, avec l'accord des propriétaires naturellement, pouvait également produire ses propres reçus pour commercer où pour les prêter moyennant rémunération (le crédit bancaire ; le commerce de l'argent scriptural venait de naître).

Vint un temps où la confiance s'étant établie dans les reçus, très peu d'or était réclamé à l'orfèvre par ses propriétaires. Considérant ce fait, l'orfèvre se mit à prêter (à vendre) des reçus-bidons (ses reconnaissance de dette-or contre les reconnaissance de dette-reçus des emprunteurs), en espérant qu'ils reviendraient au bercail avant que les reçus de l'or ne réclament leur dû. Qu'arrivait-il quand tous les détenteurs de reçus réclamaient l'or en même temps ? La banqueroute pour l'orfèvre et la dévaluation des reçus en poids d'or !

Mais comme cette pratique répondait au besoin monétaire du commerce en croissance, l'orfèvre fût de moins en moins menacé de voir la réserve d'or s'envoler ainsi que la confiance mise dans les reçus, sans provision de valeur réelle, qu'il émettait.

À la demande de sa clientèle, il prêta de plus en plus de reçus, de valeurs variables, qui se confondirent avec ceux distribués aux propriétaires d'or qui, eux même, les avaient troqués contre des marchandises. L'or devint peu à peu une valeur symbolique, la valeur-or des reçus (monnaie scripturale) devint virtuelle, la propriété de l'or devint anonyme.

Alors personne ne s'est questionné sur le fait que l'orfèvre est devenu au fil du temps le seul propriétaire en titre de tout l'or contenu dans ses coffres.

Comment a-t-il fait ça ? Au départ, l'orfèvre a récolté des droits sur l'or en rémunération de ses services de protection quand les véritables propriétaires étaient identifiés et se servaient de leur or pour commercer. Par la suite, la valeur or de ses services, inscrite sur les reconnaissances de dette que lui remettaient les emprunteurs contre les reçus prêtés (bon pour x nombre d'onces d'or), ont fait le reste.

L'orfèvre devint le créancier de tout l'argent-dette (les reçus signé de sa main) utilisé par la communauté pour commercer. Alors il pouvait saisir les biens de l'emprunteur qui ne rapportait pas les reçus à l'échéance pour devenir progressivement propriétaire d'une partie importante des biens de la communauté avec lesquels il accroissait sa crédibilité monétaire.

Ce qu'il faut réaliser : c'est que l'orfèvre (la banquier de l'époque) avec un "coffre fort" et des bouts de papier (les reçus), s'est approprié le mérite (le crédit) des chercheurs d'or qui avaient trimé dur pour le trouver, tout en s'appropriant le mérite (le crédit) de ceux qui cédaient leur travail, leurs biens et leurs services contre les reçus qu'il vendait.

Puis vint la légalisation de la pratique des orfèvres dans la création du système bancaire. La garanti or, longtemps symbolique, a disparue de la monnaie moderne. Maintenant la monnaie officielle (ayant cours légal), créée par les Banques centrales : papier monnaie, pièces métalliques, Bonds du Trésor, obligations gouvernementales etc., est purement basée sur la confiance populaire et elle est «théoriquement» la source du crédit bancaire qui produit l'argent comptable contre des reconnaissances de dettes. Alors pourquoi verse-t-on aux épargnes les intérêts payés par les emprunteurs ?

Le problème n'est pas que l'argent soit créé sous forme d'une dette !

L'argent est un outil collectif transportable et non périssable (des chiffres de comptabilité bancaire) acceptée par tous contre la cession d'un bien ou d'un travail de valeur supérieure au bien ou service reçu dans une transaction commerciale. L'argent-dette conserve : la mémoire de la différence du poids nutritif entre un boeuf et une poule ; le pouvoir d'achat résiduel du vendeur de boeufs, donc la dette résiduelle du vendeur de poules.

Le problème est de ne plus savoir d'où provient le crédit bancaire qui fabrique l'argent ! C'était beaucoup plus clair quand le vendeur de poule signait une reconnaissance de dette ; un reçu «bon pour X poules» au vendeur de boeuf !

Maintenant que la banque est devenue la créancière de tous les vendeurs de poules en produisant les reçus (l'argent) à leur place pour rembourser tous les vendeurs de boeufs, le crédit qu'elle prête avec les intérêts composés qu'elle en réclame (l'argent qu'elle imprime) semblent appartenir à ses actionnaires.

Les banques commerciales créent l'argent de la même façon que du temps des orfèvres au moyen d'une simple écriture comptable sur reconnaissance de dette. Ce qu'il faut remarquer : ce sont les prêts et les intérêts créés de toutes pièces par le réseau bancaire qui, redéposés, constituent théoriquement les «supposées épargnes» dont parle Jean Pierre. C'est la circulation des dettes dans le réseau bancaire qui justifie la remultiplication des prêts (dettes) par l'ensemble des banques. Un tel procédé de création monétaire ne garantie pas l'équilibre entre le pouvoir d'achat et les biens offerts sur les marchés !

Ce qu'il faut aussi remarquer c'est que les banques ne versent qu'une très petite partie des intérêts perçus des emprunteurs à ceux qui déposent le surplus de leurs revenus dans un compte d'épargne et qui constitue les capitaux bancaires qui par la suite sont consacrés à la spéculation boursière.

Vous croyez que les banques ne conservent que la différence entre le taux d'intérêt payé aux épargnes et le taux chargé aux emprunteurs ? NON !

Si le taux de réserve (fonction de liquidité) est de 5% , l'épargne de 100$ devient 19 petites réserves de 5$ pour le système bancaire justifiant 19 prêts de 100$, soit des prêts de 1 900$. Si le taux d'intérêt payé aux épargnants est de 5% et que le taux chargé aux emprunteurs est de 7%, on serait porté à croire que les banques recevront 2% des intérêts collectés.

Erreur mon cher Watson. Le système bancaire versera 5$ (100$ x 5%) à l'épargnant et mettra à l'avoir de ses actionnaires 133$ (1900 x 7%). Je sais, c'est plus complexe que ça quand l'intérêt est composé ! Mais le principe demeure, c'est ainsi que débute le procédé qui constitue les capitaux des marchés financiers voués à la spéculation.

La Constitution des États-Unis d'Amérique stipule à l'article 1, section 8, clause b que : «le Congrès doit avoir le pouvoir de frapper la monnaie et d'en controler la valeur...» (Source : Bill Goldsborough R.R. 9216 présenté au 74 ième Congrès, 1 ère Session, U.S.A.)

Mais sous la pression des banquiers, les gouvernements leur ont cédé la plus importante partie de la création monétaire. Les banques à travers la notion de garantie des lingots d'or de jadis ont conservé le privilège de l'orfèvre de créer l'argent-dette sur la confiance de la population.

En fait les banques ne sont que les comptables tenant le grand livre des transactions entre producteurs/consommateurs.

Le crédit bancaire ne provient pas des épargnants et les modestes intérêts versés aux épargnants ne sont que prétexte aux gigantesques intérêts versés aux actionnaires des institutions financières. Ce procédé à la source du monstrueux pourvoir financier mondial qui transforme l'humanité en champs de bataille pour la survie.

Conclusion : Avec la création monétaire commerciale, tout comme les orfèvres sont devenus au fil du temps, propriétaires de tout l'or déposé dans ses coffres qui servait de garanti à la monnaie scripturale, les institutions financières deviennent propriétaires de toutes les ressources naturelles, de toutes les structures de production, de toutes les entreprises, et du travail de l'humanité entière qui servent de garanti à la création monétaire comptable.

Solution : Chaque Banque Centrale doit reprendre l'exclusivité de l'émission monétaire nationale et rétablir la propriété collective du crédit c'est-à-dire alimenter entièrement le crédit financier de sa nation et redistribuer à sa population les intérêts qui en sont perçus.

5 - Et en plus, la spéculation

Dans l'industrie de la spéculation boursière «Pour un dollar qui sert à l'achat de biens et services utiles dans le monde, cinquante dollars servent uniquement à la spéculation boursière.» (Source: Pierre Paquette, CSN) Ces capitaux privés monstrueux, dont les dettes privées et publiques monstrueuses sont la contrepartie, se sont constitués des profits de la "vente du crédit", sensé provenir des épargnants et des actionnaires des institutions financières ; ce qui est faux !

L’argent (le crédit), que vendent les institutions financières, ne provient pas des épargnes privées comme elles se plaisent à le laisser croire. Pas un sou ne disparaît des comptes bancaires de quiconque lors de l’octroi de prêts aux particuliers, aux entreprises et aux gouvernements !

L'argent que prêtent les institutions financières est produit par les emprunts, de ceux qui offrent des biens et services à la collectivité, avec l'espoir de pouvoir les rembourser en vendant leur production.

L'unité monétaire, l'argent, est en soi une mesure de la valeur des biens et services

L'argent est un outil comptable qui fait état de la différence de valeur momentanée entre les échanges de biens et services d'au moins deux ou plusieurs personnes

Les entreprises financières privées (banques et sociétés de crédit) ont obtenu le droit de créer et de vendre l'unité monétaire comptable fabriqué avec des reconnaissances de dette

Pourquoi vendent-elles le crédit à l'unité plutôt qu'aux coûts d'administration des opérations bancaires, comme tout producteur de  biens ou de service qui facture le travail qu'il a réalisé ?

Les banques commerciales vendent des unités monnétaires (francs, euros ou dollars) à X % l'unité (intérêts), des unités qu'elles ont fabriqués simplement en inscrivant des dettes (crédit bancaire) dans le compte des emprunteurs !

Que viennent faire les épargnants et les actionnaires dans cette collecte d'intérêt ? La banque n'a pas soustrait leurs comptes d'épargnes ou la valeur de leurs actions du montant des crédits accordés ! Mais attention ! elle a multiplié le pouvoir d'achat des épargnes en prêts et ce sont les actionnaires qui ramassent le pactole !

Car ces hypothèques rapportent des profits d'intérêts exponentiels dans une proportion de 1% pour les épargnants et environ de 15 à 20% pour les actionnaires

"Vous croyez que les banques ne conservent que la différence entre le taux d'intérêt payé aux épargnes et le taux chargé aux emprunteurs ?" NON ! Si le taux de réserve (fonction de liquidité) est de 5% , l'épargne de 100 devient 19 petites réserves de 5 pour le système bancaire justifiant 19 prêts de 100, soit des prêts de 1 900. Si le taux d'intérêt payé aux épargnants est de 5% et que le taux chargé aux emprunteurs est de 7%, on serait porté à croire que les banques recevront 2% des intérêts collectés. Erreur mon cher Watson. Le système bancaire versera 5 (100 x 5%) à l'épargnant et mettra à l'avoir de ses actionnaires 133 (1900 x 7%). Je sais, c'est plus complexe que ça quand l'intérêt est composé ! Mais le principe demeure, c'est ainsi que débute le procédé qui constitue les capitaux des marchés financiers voués à la spéculation."

De plus les revenus d'intérêt constituent un pouvoir d'achat non justifié, ni par le mérite du travail, ni par la croissance du produit national. Qui plus est, ce pouvoir d'achat, versé à ceux qui n'achètent pas, les épargnants et les actionnaires, engendre un déficit structurel de l'argent de consommation. L'épargne est un refus volontaire de consommer, ce retrait du pouvoir d'achat laisse des biens sur le marché et des producteurs endettés. L'épargne, même légitime parce que gagnée d'un revenu de travail, n'a aucun mérite social et doit être compensée de façon transitoire (le temps qu'elle ne souhaite pas consommer) par l'autorité monétaire nationale pour maintenir le pouvoir d'achat en rapport avec l'offre actuelle de biens et services sur le marché de la consommation.

La création monétaire privée à but lucratif est à la source de l'accumulation de capitaux financiers privés monstrueux voués uniquement à la spéculation. La contrepartie de cette spéculation est l'endettement national de tous les pays y compris ceux pourtant «réputés» développés, souverains et démocratiques, ce qui signifie l'esclavage financier et économique des nations.

Les États ont cesser d'exercer la responsabilité qui a le plus d'impact sur les citoyens : la création et la gestion monétaire dans l'intérêt de la collectivité.

6 - Quelle solution?: C'est bien simple ! Réclamons de nos gouvernements qu'ils reprennent l'émission et la gestion (sans but lucratif) de la monnaie (Franc, euro ou dollar)! La Banque centrale responsable du crédit collectif doit alimenter entièrement le crédit, et les intérêts collectés doivent être redistribués à la collectivité.

Le pouvoir d'achat doit être le reflet constant de la valeur des biens et services négociables sur le marché des échanges.

Pour ce faire, nous devons convaincre nos élus de leur capacité législative à "NATIONALISER" LE CRÉDIT (la source du crédit qui produit l'argent de la nation) et ainsi d'instaurer un système monétaire national à but non lucratif.

Chaque pays doit gérer le crédit financier de ses ressources naturelles et humaines et ainsi créer les unités monétaires nécessaires à son économie nationale. Les échanges entre pays sont une pure comptabilité de crédit d'exportation et de débit d'importation. Fini la spéculation sur les monnaies et sur les économies nationales. La mondialisation prendra un tout autre sens quand tous les pays se seront débarrassés de la dictature monétaire privée.

Carmen Paquin
Membre fondatrice de YHAD